Territoire

Paysage du Plan Nord

©Mathieu Dupuis

Le territoire nordique est aussi vaste que diversifié, tant d’un point de vue géographique qu’économique, social ou environnemental. Ses caractéristiques sont d’ailleurs à l’origine de plusieurs enjeux soulevés dans le PAN 20-23 .

Le territoire

Le territoire d’application du PAN 20-23 s’étend au nord du 49e parallèle, puis au nord du fleuve Saint-Laurent et du golfe du Saint-Laurent. Sa superficie, de près de 1,2 million de kilomètres carrés, représente 72 % de l’étendue du Québec. Trois régions administratives sont comprises, en tout ou en partie, dans le territoire nordique soit la Côte-Nord, le Nord-du-Québec (Nunavik et Eeyou Istchee Baie-James) et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le climat nordique

La température annuelle moyenne varie largement sur le territoire, passant de 2,7 °C au 49e parallèle et sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, à 10,8 °C à l’extrémité nord. En comparaison, elle atteint 6,6 °C à l’extrémité sud du Québec. Les projections sur les changements climatiques prévoient une augmentation des températures moyennes de 1,25 à 1,5 fois plus importante pour le territoire nordique québécois que pour l’ensemble du Québec. Le réchauffement prévisible de 5 à 10 °C d’ici à 2100 modifiera la nature du territoire à court et à moyen terme.

La biodiversité nordique

Les espèces végétales et animales du Québec nordique se distinguent notamment par leur adaptation à des conditions environnementales de plus en plus extrêmes à mesure que la latitude ou l’altitude augmente. Ainsi, la forêt boréale cède progressivement la place à la taïga, qui s’étend jusqu’à l’extrémité nord du territoire. Les arbres, de plus en plus rabougris, viennent à disparaître au profit de la toundra arctique dominée par les mousses et les lichens. Les animaux apparaissent, quant à eux, bien adaptés à ces conditions : le caribou, le loup, l’ours blanc, le saumon, l’omble chevalier, les petits carnassiers, les oiseaux, les rongeurs et les insectes forment un réseau complexe et imbriqué.

La population

On compte près de 130 000 habitants sur le territoire, soit environ 1,5 % de la population du Québec. On dénombre 32 collectivités locales (jamésiennes, jeannoises et nord-côtières), tandis que près du tiers de la population est autochtone. Celle-ci est répartie en quatre nations (inuite, crie, innue et naskapie) et 31 communautés.

Les Premières Nations et les Inuits

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois et la Convention du Nord-Est québécois — traités établissant notamment les droits des nations crie, inuite et naskapie — s’appliquent sur une vaste partie du territoire nordique. Celui-ci est également visé par l’Entente de principe d’ordre général signée par quatre communautés innues. En outre, le territoire fait également l’objet de revendications de droits.

Les langues

Bien que le français s’avère largement utilisé sur le territoire, son usage demeure réparti différemment selon les régions. L’anglais, comme langue maternelle ou seconde, est également adopté dans plusieurs collectivités nordiques. L’inuktitut, le cri, l’innu et le naskapi sont aussi employés par les Premières Nations et les Inuits.

Les ressources naturelles

Le territoire nordique québécois compte une grande diversité de ressources naturelles, principalement des ressources minières, forestières, fauniques et hydriques. Une grande part de l’activité économique gravitant autour de ces ressources, les tissus entrepreneurial et social ainsi que la vitalité des collectivités en sont largement tributaires.

Ressources minières

Abritant de nombreux gisements miniers, le territoire génère la totalité de la production québécoise de nickel, de cobalt, de zinc, de fer, d’éléments du groupe du platine et d’ilménite. Il recèle également une part importante de la production québécoise de métaux précieux, dont l’or constitue le principal élément.

Minéraux critiques ou stratégiques — un potentiel à mettre en valeur

De nouvelles technologies dans les domaines de l’aviation, des télécommunications, des énergies renouvelables, du stockage d’énergie et de l’électrification des transports font croître la demande en minéraux critiques ou stratégiques (MCS). Pour répondre à ces nouveaux besoins, le territoire nordique québécois abrite un important potentiel minéral et pourrait contribuer à fournir des ressources comme du lithium, du graphite, du cobalt, des éléments de terres rares (ETR), du niobium, du titane et du vanadium.

Ressources forestières

La forêt boréale recouvre une importante partie du territoire nordique québécois. La possibilité forestière annuelle du territoire s’élève à 11,8 millions de mètres cubes, ce qui correspond à 39 % du potentiel forestier des forêts du domaine de l’État.

Ressources fauniques

Les ressources fauniques du territoire nordique sont un élément fondamental de la biodiversité au Québec. En plus d’être particulièrement importantes pour la culture, les traditions et l’alimentation des Premières Nations et des Inuits, celles-ci permettent d’offrir un éventail unique d’activités sportives de chasse, de pêche, de piégeage et d’excursions liées à l’observation de la faune.

Ressources hydriques

Le Québec détient 3 % des réserves d’eau douce de la planète. La majorité de celles-ci se trouve sur le territoire nordique, où l’on trouve plus de 85 % de la capacité de production hydroélectrique installée du Québec.

Les infrastructures

Le territoire nordique occupe près des trois quarts de la superficie du Québec. La circulation des biens et des personnes grâce à un réseau de transport structuré, ainsi que la transmission d’ondes et de données par des infrastructures de télécommunication adaptées demeurent un enjeu capital pour son développement.

Routes

Le réseau routier du territoire comprend plus de 3 000 km de routes en plus du réseau de chemins liés à la mise en valeur des ressources naturelles. Ces routes se trouvent essentiellement dans les secteurs habités ou mis en valeur, laissant la majorité du territoire inaccessible par voie terrestre. Plus de 20 communautés nordiques ne sont accessibles que par voie maritime ou aérienne.

Ports

Cinq des vingt ports commerciaux du réseau portuaire stratégique du Québec se trouvent au nord du 49e parallèle. De ce nombre, quatre sont des ports en eau profonde : Baie Comeau, Baie-Déception, Port-Cartier et Sept-Îles pour un tonnage total évalué à plus de 60 millions de tonnes.

Aérodromes et aéroports

Le territoire nordique québécois accueille 42 aérodromes et six aéroports principaux (Baie-Comeau, Sept-Îles, Chibougamau-Chapais, de La Grande-Rivière, Kuujjuaq et Puvirnituq) disposant d’au moins une piste d’atterrissage d’une longueur de plus de 6 000 pi . Pour plusieurs collectivités, comme les villages du Nunavik et plusieurs de la Basse-Côte-Nord, l’avion est le principal moyen de transport régional. Chemins de fer

Cinq chemins de fer et un traversier-rail sillonnent le territoire nordique, essentiellement dans l’axe nord-sud : le chemin de fer d’intérêt local interne du Nord-du-Québec (CN), le chemin de fer Cartier inc. (CFC), la Compagnie de chemin de fer du littoral nord de Québec et du Labrador inc. (QNS&L), le chemin de fer Arnaud (CCFAQ), le chemin de fer de l’entreprise Transport ferroviaire Tshiuetin inc. et le traversier-rail Georges-Alexandre-Lebel (CN) qui relie Baie-Comeau et Sept-Îles à Matane.

Pôles logistiques

Le territoire nordique abrite des pôles logistiques issus de la convergence de différents modes de transport tels que la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN) (train/bateau), la Société du Port ferroviaire de Baie-Comeau (bateau/train/route), la cour de transbordement de Matagami (train/route) ou encore l’aéroport de La Grande-Rivière (route/avion — logistique d’approvisionnement au Nunavik). Ces carrefours constituent les points de départ pour l’accès aux ressources et leur prélèvement sur le territoire ainsi que pour la livraison des biens et des services.

Télécommunications

La majorité de la population vivant sur le territoire a accès à des services Internet à haut débit à fibre optique ou de micro-ondes, mais des améliorations sont encore nécessaires, notamment au Nunavik.

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